• Andrit

De L'Invasion allemande à La Guerre de Demain

Mis à jour : 27 mars 2018


En 1888, alors qu'il vient de quitter le Ministère de la Guerre et reçoit le commandement du XIIIe Corps à Clermont-Ferrand, le général Boulanger - toujours animé par la préoccupation de la Revanche et la préparation des forces morales de la Nation toute entière, en anticipation de cet inévitable conflit - publie une histoire de la Guerre de 1870, sous le titre "L'Invasion allemande".

Et si la plume du Capitaine Danrit avait contribué à la rédaction de cet ouvrage, signé par son beau-père dont il fut le fidèle aide de camp? Et si cette première contribution avait été à l'origine de sa vocation littéraire? Si aucun élément connu ne permet de le prouver, rien non plus ne nous empêche de l'imaginer... et bien des recoupements pourraient le laisser penser.


De juillet 1887 à mars 1888, le capitaine Driant demeure l'aide de camp du général Boulanger qu'il a suivi à Clermont-Ferrand. A une période particulièrement riche et intense au Ministère de la Guerre, succède certainement une période plus calme et propice aux travaux de recherches. On imagine assez mal un officier général mener seul la rédaction d'un ouvrage historique de 2850 pages, en 355 livraisons de 8 pages, sans avoir recours à quelques petites mains pour compulser et mettre en ordre les informations collectées. Qui mieux que Driant, compte-tenu de sa proximité mais aussi de sa profonde curiosité et de son goût pour l'histoire militaire, pouvait assister Boulanger dans la rédaction de cet ouvrage?


L'Invasion allemande paraît en 1888. C'est peu de temps après que Driant publie dans la revue L'Etoile du Général Boulanger, dirigée par Michel Morphy, "Ce que sera la nouvelle Guerre", les premiers chapitres de ce qui sera La Guerre des Forts puis La Guerre de Demain. La publication de cette oeuvre se poursuivra ensuite sous forme de livraisons régulières chaque semaine.

Tant sur le fond que sur la forme, ou encore par la proximité dans les dates, la continuité est frappante entre les deux oeuvres. Le titre de cette Invasion allemande, n'est d'ailleurs pas sans rappeler les Invasion noire et Invasion jaune qu'imaginera Danrit.

Et si cette "tarentule d'écrire" qui a piqué Driant, comme il l'écrit à Jules Verne dans la dédicace de L'Invasion noire, avait été cette première expérience possible d'écriture auprès du général Boulanger?


On peut se demander aussi si toute l'oeuvre de Danrit n'est pas non plus dans la continuité de sa période passée au Ministère de la Guerre, auprès de son beau-père. Toute l'oeuvre de réforme intense et audacieuse menée par Boulanger à l'Hotel de Brienne est orientée vers la préparation de la Revanche: préparation matérielle mais aussi morale. Que dire alors de l'oeuvre littéraire de Danrit dont c'est aussi la préoccupation première, en particulier dans La Guerre de Demain comme il le rappelle dans la Lettre-préface à Jules Claretie: "De tous côtés on arme, on se prépare à la guerre. En écrivant ce livre sous une forme imagée, j'ai voulu inspirer, aux Français qui me liront, confiance dans l'issue de la lutte. Dans ce but, je leur montre les ressources de leurs pays, je les familiarise avec les nouveautés qui interviendront dans les batailles prochaines: mélinite, fusil Lebel, ballon dirigeable, etc." C'est probablement aussi au Ministère de la Guerre que Driant a été confronté aux découvertes scientifiques et innovations militaires, qui devaient constamment leur être présentées et proposées par des savants que Danrit saura si bien dépeindre, et dont les applications seront l'objet d'études approfondies et très documentées dans de nombreux romans de Danrit.




Alors?... Le général Boulanger aura-t-il été le Pygmalion du capitaine Danrit?

Si aucune réponse sûre et définitive ne peut être apportée, la question, elle, mérite certainement d'être posée...

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