ALERTE

Résumé

Pressentant le caractère inévitable de la guerre avec l'Allemagne, Danrit raconte l'aventure d'un officier de réserve prenant l'initiative de faire sauter un pont en territoire allemand. C'est également l'occasion pour l'auteur de souligner à nouveau l'intérêt de l'emploi du vélo, dont il est lui-même un fervent adepte et des possibilités de raids silencieux et lointains qu'il offre.

 

« Paul Vigny, jeune industriel et officier de réserve, assiste au mariage de son ami, Bertrand de Vendières, au cours duquel la sœur de la mariée, Freya Valborg, déclare qu’elle donnerait son cœur à un homme qui serait capable d’une action d’éclat. Elle espère, comme bien d‘autres, qu’un conflit va se déclarer entre la France et l’Allemagne. Paul apprend alors que le pont de chemin de fer de Mailing, situé sur la ligne Thionvielle-Trèves représente une importance stratégique. La tension entre la France et l’Allemagne devenant plus forte, Paul Vigy se prépare à intervenir, recrutant plusieurs compagnons. Posté à Longwy, ils attendent le signal du déclenchement de la guerre pour entrer en action. Ce qui se produit rapidement. Comme ils ne font qu’ébranler le pont avec leurs explosifs, n’ayant pas eu le temps de les poser correctement, ils s’emparent d’une locomotive en gare de Thionville et la précipitent sur la voie, provoquant enfin l’écroulement du pont et l’impossibilité pour les troupes ennemies d’être acheminées vers la France. Reste alors au petit groupe à regagner la France. Le hasard met sur leur route le comte Valborg qui va révéler une nouvelle stupéfiante : la guerre n’a pas été déclarée comme ils l’ont cru. Ils sont donc des criminels et terroristes dont l’Allemagne peut demander l’extradition à n’importe quel pays d’Europe où ils iraient se réfugier. Le père de FREYA sauve la situation en les accueillant dans une de ses propriétés en Argentine. C’est une fin heureuse, puisque Freya, impressionnée par l’audace de Paul Vigy, lui accorde sa main. Il a en effet accompli un curieux exploit qui est résumé en une formule correspondant bien à son action et à celle de ses camarades : « Ils avaient fait la guerre à eux seuls sans attendre la notification officielle de l’état de guerre ». C’est donc à la suite d’une méprise, alimentée par un fort sentiment patriotique, que Paul Vigy, croyant au déclenchement de la guerre, s’est lancé dans une opération contre l’Allemagne ! » Le livre, vraisemblablement écrit pendant la campagne électorale que Driant mène pour les élections législatives de 1910, reprend les arguments déjà présentés dans « Vers un nouveau Sedan », que l’auteur avait publié en 1906, au retour d’un reportage auprès de l’armée  allemande, pour en dénoncer la puissance et la menace qu’elle représente. Driant dénonce aussi l’état des institutions : « Le Président de la république, vieilli, fatigué,….Les ministres désorientés, les Chambres désemparées. L’Etat s’en va à la dérive… » Le roman permet également à l’auteur de développer quelques idées qui lui sont chères et qui sont autant d’anticipations qui verront plus ou moins le jour par la suite, parfois bien plus tard : tout d’abord, l’emploi de l’aéroplane, qui aurait permis de faciliter la mission des saboteurs en les déposant à proximité de leur objectif. L’appareil aurait d’ailleurs pu être peint de couleur camouflée, pour augmenter sa discrétion. Egalement, comme il l’a déjà fait en 1902 dans « La guerre fatale », l’utilisation de bicyclettes pliantes, pour faciliter le parcours du « commando », forme de combat en arrière des lignes qui ne verra le jour qu’au cours de la deuxième guerre mondiale. Ce roman est enfin un témoignage de l’état d’esprit qui soufflait en France vers 1910, fait de désir de revanche et de la perception d’un conflit proche."

(Extrait du Bulletin des Amis du Roman Populaire n° 74 – 2016 par Daniel COMPERE)

Editions

L'Alerte est publiée par Flammarion dans une belle édition d'étrennes en octobre 1910.

Le roman sera publié en parallèle du 6 novembre 1910 au 14 mai 1911 dans le Journal des Voyages.

Une édition brochée sera publiée au format in-18° en 1912, sous le titre Alerte! et rééditée après la Grande Guerre, toujours par Flammarion, dans une collection avec une reliure en toile verte.

Alerte! a été traduit et édité en tchèque en 1930 sous le titre Valecny Poplach (Prague, 1930).

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Mentions et distinctions

Au général de NONANCOURT, messin et nancéien,

Au soldat de ferme conscience et de haute valeur professionnelle, qui fut jadis mon chef le plus aimé, et qui, après notre adieu commun à l’Armée, est resté mon ami le plus sûr. Je dédie ce livre qui lui redira le rêve avorté de notre génération. Commandant DRIANT - Député de Nancy - Septembre 1910

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