EVASION d'EMPEREUR

Résumé

Danrit imagine une tentative d'évasion de l'Empereur depuis Sainte-Hélène, projetée par un groupe de patriotes corses. Il fait appel à l'Histoire comme à l'anticipation: l'Histoire, c'est celle - très documentée - de la fin de Napoléon 1er à Sainte-Hélène; l'anticipation, c'est le rôle du sous-marin, présenté comme une arme redoutable que l'Empereur, justement, a eu bien tort de dénigrer. C’est, avec « l’Histoire d’une famille de soldats », un roman plus historique  que d'aventure et d'anticipation, dans lequel Danrit exprime toute sa piété napoléonienne.

 

Une expédition est organisée par quelques fidèles de l’Empereur pour le faire évader de l’île de Sainte-Hélène, à bord d’un engin sous-marin miniature. Danrit fait appel à un scénario bien réel, qui avait été mis au point en 1821 par un aventurier anglais du nom de Johnston, personnage assez extraordinaire tel que les temps de crise en font naître. Il semble qu’il ait notamment participé à diverses expériences sur les projets d’un engin submersible qu’il avait inventé, selon des plans rudimentaires : le « sous-marin » était propulsé à la voile en surface et à la rame en submersion. Différentes archives britanniques ou américaines confirment ces faits, qui se sont sans doute déroulés au moment du conflit entre l’Angleterre (qui finançait les travaux de Johnston) et les jeunes Etats-Unis, qui utilisait les talents du jeune ingénieur américain Fulton. Celui-ci avait créé le premier bateau à vapeur et il avait persuadé l’Empereur de le laisser construire un petit bateau expérimental, baptisé le « Nautilus », testé sur la Seine en 1800, mais qui n’avait pas convaincu. Johnston fut approché par des officiers bonapartistes qui cherchaient un moyen de faire évader l’Empereur de son île-prison. Johnston prétendit qu’on lui avait offert l’importante somme de 40 000 livres pour cette opération. L’affaire paraissait sérieuse, ainsi que le rapporte un autre historien de l’aventure sous-marine : « […] en 1821, le capitaine américain Johnston décida d’aller délivrer Napoléon à Sainte-Hélène avec un sous-marin copié sur le Nautilus de Fulton. Un trois-mâts barque, dont l’équipage était rompu aux traversées transocéaniques, devait amener au large de l’île le sous-marin qui gagnerait la côte entre deux eaux. Sur le chantier américain, on achevait hâtivement la pose de la carène d’un doublage en cuivre quand arriva la nouvelle qui ôta sons sens à l’entreprise : l’Empereur était mort. » En admettant que la mort de l’Empereur n’ait pas eu lieu si tôt, ce plan d’évasion, dont la réalité semble attestée par la mention qu’en fait le général Montholon dans ses mémoires, avait-il une chance de réussir ? Les conditions précaires de sa réalisation (incluant en particulier la descente d’une falaise par l’Empereur dans une chaise mécanique hissée par un cordage) permettent d’en douter sur une île disposant d’une importante garnison montant une garde vigilante en permanence. En fait, le principal obstacle à la réussite du projet était sans doute l’Empereur lui-même. Celui-ci n’était guère favorable, en effet, à ce genre d’entreprise, dont il craignait le ridicule, comme il le déclarait lui-même à son entourage : « - On m’offre un projet d’évasion. Je viens de causer avec l’officier américain que vous avez été voir ce matin. Il m’a soumis le plan dont il vous avait parlé. Tout cela est bien séduisant, mais c’est une folie. Il faut que je meure ici, ou que la France vienne m’y chercher. ../ … J’ai repoussé ce projet et j’ai déclaré à ce capitaine Carpenter qu’il était inutile qu’on m’en présentât d’autres. Tous ceux que l’on m’a proposés sont absurdes et dégradants. Me voyez-vous, déguisé en matelot ou en travailleur chinois, descendre sur la grève par une corde le long des rochers et là, me cacher dans un baril de bière pour être porté à fond de cale d’un navire à destination de Baltimore. Cette histoire de bateau submarin [sic] que l’on construit à la Jamaïque est bonne à amuser les enfants. » C’est sans doute aussi ce qu’a voulu faire Danrit en écrivant « Evasion d’Empereur ».

Editions

Evasion d'Empereur est d'abord paru en feuilleton dans Le Journal des Voyages, du 1er novembre 1903 au 22 mai 1904.

L'ouvrage sera publié ensuite par Delagrave dans un grand format in-8° en percaline rouge, à tranche dorée. Il sera réédité dans le même format, par le même éditeur, dans les années 1930, avec une reliure en percaline blanche.

Flammarion éditera une version brochée, au format in-18°, vers 1908, et proposer dans les années 1920 une réédition au même format dans une collection reliée en toile verte.

L'Evasion d'Empereur sera en fin rééditée, en 2005, par Encrage, aux Editions Les Belles Lettres, dans la collection Bibliothèque Populaire. Encrage est une maison d'édition spécialisée dans la littérature populaire. Cette édition comporte en appendice une courte mais intéressante étude de Joseph Altairac sur l'intrigue du roman lui-même: la relation de Napoléon avec les "submarins" et le projet d'évasion par ce moyen qui lui avait été réellement proposé.

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Dédicaces

Dédicace au 1er Bataillon de Chasseurs à pieds

"AU 1er BATAILLON DE CHASSEURS A PIEDS

que j’ai l’honneur de commander, je dédie ces pages, où j’ai essayé de peindre la fidélité du souvenir et le culte de l’honneur militaire, dans ce qui était jadis LA GRANDE ARMEE. "

Commandant DRIANT - 1905

Illustrations

C'est Raymond de La Nézière, illustrateur de nombreux ouvrages pour enfants, qui illustrera Evasion d'Empereur. Ses dessins seront repris dans l'ensemble des différentes éditions et rééditions.

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